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Actu | 30.04.2015 - 18 h 46 | 2 COMMENTAIRES
Vallaud-Belkacem et la laïcité à double vitesse
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Selon la ministre de l’Éducation nationale, l’exclusion d’une jeune fille de son établissement scolaire se justifierait du fait d’un prosélytisme affiché. La ministre, qui se veut inflexible dans son républicanisme quand il s’agit d’une jeune musulmane, a cependant été beaucoup moins ferme face au prosélytisme catholique ces dernières années : elle a cédé, tant sur la PMA que sur la question de l’enseignement du genre à l’école, face à une opposition menée par des fondamentalistes catholiques largement soutenue par le clergé. Se pose alors la question en matière de défense de la laïcité : ce choix de prioriser une laïcité exercée contre des élèves musulmanes relève-t-il de la discrimination islamophobe ?

La combat de la hiérarchie catholique et des chrétien-nes les plus réactionnaires contre les ABCD de l’égalité n’a rencontré aucune résistance de la part du gouvernement, et certainement pas de la part de Najet Vallaud-Belkacem, très conciliante. Le scandale est pourtant énorme : des extrémistes catholiques ont dicté une refonte des programmes et des outils pédagogiques, qui auraient amené à produire des actions de lutte contre les inégalités hommes-femmes fondées sur les études scientifiques sur le genre.

Pour se rendre compte de la gravité de ce renoncement, il faut s’imaginer un gouvernement cédant à des pressions intégristes catholiques et faisant disparaître des programmes de SVT l’évolution, voire, à niveau d’obscurantisme égal à celui qui s’est exprimé sur la question du genre, à faire enseigner que la terre est plate et que le soleil est une petite boule accrochée à la voûte céleste. Voilà ce que représente la reculade du gouvernement face aux obscurantistes catholiques.

La jupe ou couthiloun comtadin

Très peu de monde a fait remarquer à l’époque à quel point il s’agissait d’une intrusion d’un point de vue religieux dans l’élaboration des programmes et le fonctionnement de l’institution. Et certainement pas Vallaud-Belkacem.

Des atteintes à la laïcité, il y en a eu tellement d’autres : c’est le silence de l’Éducation nationale face aux attaques des familles catholiques contre son partenariat avec la ligne Azur ; c’est la lâcheté des parlementaires sur la PMA, le droit des trans ou sur l’euthanasie ; c’est la politique de déductions fiscales qui fait que l’état français finance, via les allègements d’impôts, des associations religieuses dans une proportion parfois plus importante que dans des pays non laïcs ; c’est l’exception de l’Alsace-Moselle, toujours soumis au régime du Concordat, dans une République qu’on nous dit pourtant « une ». Autant d’enjeux un peu plus important que des vêtements portés par des ados.

Vallaud-Belkacem s’était déjà illustrée en stigmatisant les élèves musulman-es à l’Assemblée nationale, une semaine après l’attentat contre Charlie Hebdo, lors d’une séance de questions au gouvernement. Le député UMP Claude Goasguen lui demandait un comptage des incidents lors de la minute de silence organisée le lendemain. Ils étaient au nombre de 200, soit 0,43 % des établissements, un taux ridiculement bas.

Cela n’avait pas empêché la ministre de répondre : « Des incidents ont eu lieu, ils sont même nombreux et ils sont graves et aucun d’entre eux ne doit être traité à la légère. ». Elle a noirci le tableau en rajoutant : «  il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves, et nous avons tous entendu les « oui je soutiens Charlie, mais… », Les deux poids deux mesures. Pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ? Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école qui est chargée de transmettre des valeurs. »

Déjà, Vallaud Belkacem invoquait la République menacée, non plus par une jupe prosélyte, mais par… des questionnements d’élèves – questionnement que même des adultes ont publiquement portés dans l’espace public ! La Constitution, tout comme la loi de 1905, garantissent la liberté d’expression et de conscience des élèves. Par ailleurs, toute pédagogie repose sur l’écoute du questionnement de chaque élève : c’est ainsi qu’on procède pour les faire avancer dans leur expérience, leurs savoirs, leurs représentations. Et c’est ainsi que les programmes officiels nous demandent de faire !

La ministre de l’Éducation nationale nous demandait donc, face à des élèves assigné-es à la religion musulmane, de renoncer à tout principe républicain et pédagogique.

Cette double pratique de la laïcité, inflexible au point de contredire des principes républicains comme la liberté d’expression et de conscience, dès qu’il s’agit d’enfants musulman-es, lâche et complice quand il s’agit d’adultes extrémistes catholiques, est le résultat de tout un travail de sape de la notion de la laïcité, entreprise par l’UMP après les attentats du 11 septembre, et totalement assumée par une majorité du PS aujourd’hui. Sauf que cette position n’est pas tenable : les contradictions sont trop grosses, elles révèlent la stigmatisation islamophobe. Car qui peut prendre au sérieux unE membre de ce gouvernement invoquant la laïcité pour justifier l’exclusion d’une jeune fille musulmane alors que c’est depuis le Vatican que Valls, en visite officielle, annonçait la fin de toute avancée en matière de PMA ?

 

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Ancien militant d' Act Up-Paris, j'analyse dans trois blogs différents les discours de haine qui nous infériorisent, les enjeux de la lutte contre le sida et notamment des PrEP.
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LES réactions (2)
Vallaud-Belkacem et la laïcité à double vitesse
  • Par Biel 03 Mai 2015 - 22 H 49
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    Vous ne connaissez rien de l’affaire la mère a accepté finalement le dialogue et la fille continuera a fréquenter l’établissement arrêtes un peu avec vos discriminations islamophobes à les voir partout. Comme par hasard vous préférez l’attitude agressive du père contre l’établissement … misogyne on vous dit …

     
  • Par jack 07 Mai 2015 - 17 H 08

    Bonjour l’affaire na pas d’importance c’esty juste qu une nouvelle fois c’est tjs ma meme communauté que l’on met sur le bas coté comme des citoyens de deuxiemes ordres et c’est plus simples de s’en prendre a des minorités pour oubliés les vrai problemes de la France chomage securité économie pouvoir d »achat

     
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