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Spinoza, mon ami
Comprendre, juger, déplorer ou rire ?
Actu | Associatif | sida | 27.09.2015 - 14 h 27 | 3 COMMENTAIRES
Autotests du VIH : à quoi joue le SJBM ?

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Le syndicat des jeunes médecins biologistes (SJBM) est, avec d’autres syndicats de la même profession, parti en guerre contre les autotests du VIH, un dispositif pourtant indispensable pour réduire l’épidémie cachée et compléter l’offre de dépistage. Qu’on s’inquiète de ce nouveau dispositif qui tranche avec ce qui se faisait avant, quand on ne connaît pas tous les enjeux, quoi de plus légitime? Mais qu’on se positionne comme pionnier et « lanceur d’alerte » alors qu’on n’ a pas travaillé sur le sujet, alors qu’on n’a pas participé aux dialogues avec les chercheur-ses et les associations, alors qu’on refuse de prendre en compte l’expertise associative qu’on disqualifie du haut d’un savoir non maîtrisé ; qu’on véhicule, alors qu’on est médecin, des peurs irrationnelles et qu’on mésuse de résultats scientifiques, voilà qui n’est plus légitime. (suite…)

Bonnet | Figaro | Hocquenghem | Non classé | sida | 19.07.2014 - 19 h 59 | 20 COMMENTAIRES
Marie-Josèphe Bonnet, le sida et la subversion

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Marie-Josèphe Bonnet a milité au MLF, a participé à la création du FHAR et des Gouines Rouges.

Elle sort un livre Adieu les rebelles (dont on peut voir cette présentation sur le site de l’intéressée). Dans une interview au Figarovox, elle fait part de ses critiques sur les revendications actuelles du mouvement LGBT, du mariage pour tous à la PMA. Elle le fait au nom d’un discours marxiste, de gauche, dans lequel on peut lire les expressions « lutte des classes », « subversion », etc.

Là, maintenant, je veux juste parler de la représentation du sida que Marie-Josèphe Bonnet propose aux lecteurRICEs du Figarovox dans son interview.

A la question qui lui est posée :

« Vous dénoncez la mainmise des «gays» sur le mouvement homosexuel, qui lui auraient imposé un tournant consumériste et bourgeois… »,

Bonnet répond :

« C’est effectivement le constat que je suis obligée de dresser. La cause homosexuelle est gagnée par une sorte d’idéal néolibéral qui l’amene à tourner le dos à l’idéal de changement social des années 1970.

Les principaux leaders de la cause gay se sont coupés de la contre culture émancipatrice. Décimée par l’hécatombe du sida dans les années 1990, la communauté homosexuelle a perdu ses esprits les plus vifs, les plus subversifs, les plus critiques (je pense bien sûr à Guy Hocquenghem). La subversion homosexuelle qui s’exprimait dans une contre-culture originale à travers la danse, la littérature, s’est transformée aujourd’hui dans une revendication petite bourgeoise d’un droit au mariage et à la famille qui pousse à devenir «comme tout le monde». Autrement dit à rentrer dans le modèle dominant. »

Bonnet ne parle du sida que pour regretter ce qu’elle estime être un coup d’arrêt d’une contre culture subversive ; la mort de têtes pensantes dont elle estime qu’ils et elle n’auraient pas approuvé les luttes actuelles pour l »égalité et ne nomme bien sûr qu’une seule personne, Hocquenghem. Je ne sais pas, moi, comment auraient évolué les positions de Guy Hocquenghem, mort en 1988, sans avoir connu, par exemple, Act Up-Paris, créée en 1989 ; Bonnet, elle semble en être sûre : si elle a le pouvoir de parler à la place des morts, qu’elle le partage.

 Ce qui est sûr, c’est que c’est aussi la lutte contre le sida qui a imposé les luttes pour l’égalité des droits que conteste autant Bonnet dans son interview au Figaro.

Bien évidemment, on peut trouver « subversif » que des pédés se fassent jeter par un propriétaire d »un appartement parce que leur compagnon, titulaire du bail, vient de crever du sida, que rien dans le bail du loyer ne vous permet de le récupérer contrairement aux couples hétéros, que non seulement la famille de votre mec vous refuse l’accès à l’enterrement, mais aussi vous arrache tous vos biens parce qu’ils se trouvaient dans l’appartement. Face à ce problème, comment Guy Hocquenghem aurait répondu ? Vu que Bonnet semble avoir une connexion directe avec ce mec, même s’il est mort, autant qu’elle nous en fasse part, non  ?

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autre de ce que le sida a amené comme changements par rapport aux luttes du FHAR, des gazolines et autres.

Quand Bonnet parle au Figaro de sida, ce n’est pas pour évoquer toute cette histoire et permettre de comprendre en quoi l’arrivée du VIH a historiquement changé les combats ; c’est juste pour dire que l’épidémie l’a privé d’un témoin qui, selon elle, auraient dénoncé les revendications actuelles des groupes LGBT.

Cette utilisation du sida et de ses morts est abjecte, et Bonnet doit s’en excuser.

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