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Spinoza, mon ami
Comprendre, juger, déplorer ou rire ?
Actu | Associatif | 06.03.2016 - 19 h 56 | 0 COMMENTAIRES
Des images de la manif féministe de Belleville du collectif 8 mars pour toutes

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Le collectif 8 mars pour toutes (voir une présentation à ce lien) organisait aujourd’hui une manifestation dans le cadre d’un festival féministe (voir la présentation sur la page Facebook du collectif à ce lien), à deux jours de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En voici quelques images. (suite…)

Non classé | 24.08.2013 - 12 h 13 | 9 COMMENTAIRES
Michel Onfray rajoute la transphobie à son répertoire

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« Quand on excite une partie des Français contre une communauté, celle-ci devient le bouc-émissaire et on se retrouve avec des gens frappés, tabassés, stigmatisés.». Ces justes paroles, nous apprend Yagg, ont été prononcées par Michel Onfray, en réponse au député homophobe Hervé Mariton.

Dans le cadre de son Université populaire de Caen, le même Michel Onfray tient, nous apprend le collectif les Mots sont importants, les propos publics suivants, retransmis par France Culture le 2 août dernier :

 « Oui, dans les années 60 il y avait une télévision d’Etat qui était aux ordres de De Gaulle, mais il y avait ’Les Perses’ d’Eschyle à 20h30. Aujourd’hui le pouvoir est diffus, on a l’impression qu’il y a la liberté, il y a les syndicats les machins etcétéra etcétéra, et qu’est-ce que vous avez à 20h30 ? Un transexuel qui s’est fait opérer, qui vient d’épouser un petit garçon qu’il a ramené du Cambodge, et avec lequel il veut un enfant qui leur permettrait de faire hériter quelqu’un qui est mort et dont le sperme a été congelé. Est-ce que c’est mieux ? » La salle applaudit bruyamment.

 C’est donc le tran qui est responsable de la médiocrité des programmes télé alors que TF1 ou M6 ou W9, et surtout Direct 8, seraient tout à fait prêtes à nous passer Les Perses, et même L’Orestie, tous les soirs de la semaine, si le trans ne les squattait pas. Le trans est pédophile, fait du tourisme sexuel, est cupide et monte des plans diaboliques. Le public, qui applaudit, est prêt à lutter contre cet indésirable, témoigne de son enthousiasme, qu’il pourra manifester en tuant un trans ou deux : on parle très peu des meurtres de ces gens-là, et cela nous permettra peut-être enfin de revoir nos classiques grecs sur TMC, de lutter contre la pédophilie et le tourisme sexuel, et de protéger les banques de sperme. La transphobie d’Onfray est argumentée, claire et efficace : son auditoire est conquis.

 Le 7 octobre 2006, Onfray se couvrait de ridicule en consacrant une de ses chroniques dans L’Humanité à Act Up-Paris. Il chouinait car « Act Up, qui a le droit d’ignorer Sartre et sa généalogie de l’homosexualité, avait en effet dépêché sa police, ses renseignements généraux, ses commissaires aux archives, sa milice punitive, pour informer le réseau gay de mon ‘homophobie’ ! ». Le seul problème, c’est qu’Act Up n’avait jamais rien écrit sur Onfray. On rigolait beaucoup en interne de ces conceptions de l’homosexualité (en gros, on devient pédé car papa est souvent absent, et maman nous fait trop de bisous avant de nous coucher).

 Depuis, Onfray s’est illustré par une islamophobie virulente, présente encore dans ses homélies retransmises par France Culture, des propos sur Marx et la religion montrant qu’il ne l’avait pas lu (Lire La haine de la religion de Pierre Tevanian), un entretien complice avec Sarkozy, une chasse à la promotion lui faisant renier tout engagement social et des discours où il dit tout et son contraire. Face à toute critique, il brandit la liberté d’expression. Comme si le droit de tout dire voulait dire le droit de dire n’importe quoi, comme si la liberté d’expression exemptait de tout devoir de rendre des comptes sur ce qu’on a dit, sur la violence de ses mots, sur les contradictions de ses discours. Des gens sont morts en défendant la liberté d’expression, Onfray récupère leurs combats comme pur argument d’autorité et arme pour invalider ses contradicteur-rices.

 Nous avons besoin d’intellectuel-les médiatiques qui alertent sur les violences, commises contre les trans et notamment les meurtres. Nous avons besoin de philosophes en lien avec les minorités réprimées, par exemple les musulman-es, les rroms, les trans, les sans-papiers, les jeunes-des-banlieues, et qui soient capable de penser avec et pour ces personnes.

 Au lieu de cela, nous avons un démagogue omniprésent dans les médias, qui, avec la complicité du service public, « excite une partie des Français contre une communauté » et fait de celle-ci « le bouc-émissaire » ; alors, « on se retrouve avec des gens frappés, tabassés, stigmatisés. » Et assassinés.

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